Sortons couverts (de ridicule)

Chez les Chuisses, en ce moment*, c’est l’effervescence. On va élire le Conseil Fédéral, le truc un peu particulier qui fait que personne ne sait jamais qui est le président de la Suisse (pas même certains d’entre eux apparemment) voire même que plus personne ne sait dire si c’est un chancelier, un premier ministre, un roi, un empereur, un banquier ou une marmotte qui dirige le pays.

Bon en fait ils n’élisent pas directement le Conseil Fédéral. Si j’ai bien tout compris, en gros ils élisent les nombreux types qui éliront les 7 types qui vont désigner chaque année à la courte paille l’un d’entre eux comme président. Oh et en attendant leur tour de couper des rubans inauguraux, ils sont plus ou moins vaguement ministres aussi, chacun de 2-3 trucs.

Et du coup, c’est un peu comme si le printemps revenait. Sauf que ce sont des panneaux de pub qui poussent, de la pub pour les nombreux types. Partout. Pouf, pouf, pouf. Tellement que je me les prends de temps en temps dans la tronche quand je marche dans la rue (faut dire, à Bledperdu ya pas beaucoup de rues alors ils en mettent tous les 10 mètres et apparemment parfois ce sont des nains qui les posent).

Sur la plupart d’entre eux trônent des tronches plus ou moins probables, en gros plan, et on sent que cette fois ils n’ont pas fait ça avec un téléphone portable et la version d’essai de Photoshop, ils ont mis les moyens. Miss Sourire au Conseil National, Strabisme convergent au Conseil National, Lephotographeétaitsansdoutedouémaisparfoisçanesuffitpas au Conseil National.

Et puis au milieu de ces jolies trombines souriantes dont certaines qu’on aurait préféré qu’elles gardent la bouche fermée, il ya ça.

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Juste au coin de ma rue, le coin où je passe le matin alors que mon corps commence à peine à se remettre d’un réveil si brutal en pleine nuit.

Bon, passons le fond du message, ce n’est pas nouveau, l’UDC veut exterminer le monde autour de la Suisse, ou au moins la barricader derrière des barbelés électrifiés de 5 mètres de haut avec tourelles de garde et mines antipersonnel histoire que personne ne puisse venir y poser ses sales pattes d’étranger. Bon. Mais ils nous avaient habitués à des trucs un peu plus euh chais pas, subtils design jolis class primesautiers vaguement crédibles. Et surtout à des images un peu moins tendancieuses. Virer le mouton noir, bon à la rigueur ça sous-entend que les Suisses sont des moutons, mais rien de grave, et puis ce n’est pas tout à fait faux tout le temps, quand même.

Mais là la forme me paraît hautement douteuse. Quand on veut se protéger d’un lépreux qui rode autour, on ne met pas une capote, on met un masque ou une combinaison d’astronaute, ou on construit une grosse cloche à fromage étanche tout autour de soi, selon la gravité de la purulence du malade. Quand on sort la capote, c’est que certes on n’a pas envie de choper toutes les pustules de l’autre, mais qu’en attendant on a sacrément envie de le baiser.

Le message est donc clair : Baisons l’Europe avec notre énorme pénis dressé, baisons-la bien à fond, mais alors surtout attention, couvrons-nous, allons pas choper ses morpions tous noirs!

D’ailleurs, les étoiles de l’Europe sont tout en désordre. Je serais eux, tant qu’à aller jusqu’au fond du symbole (haha), j’aurais gardé les étoiles en rond, ça fait plus vagin cosmique. Ou alors est-ce qu’ils sous-entendraient par là que le pénis géant a tellement chahuté l’Europe que maintenant elle est tout en bazar ?

Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis un peu perdue. Les jeunes UDC sont-ils des sacrés plaisantins, des malades pervers ou des andouilles qui ne comprennent pas la portée de leur propre message et le sens de leurs propres symboles?

En tout cas, c’est quand même vachement plus fun que les campagnes électorales qu’on se farcissait en France!

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* comptez que j’ai écrit tout ça il y a un bon mois mais que ça ne paraît que maintenant. Sans doute un petit souci lié au changement d’heure, ou alors un énorme accès de paresse.

Testé pour vous n°3 : redorer son blason à peu de frais

Chers amis, ça y est, cette fois je crois que j’ai trouvé.

Oui je sais, la dernière fois aussi j’y croyais, mais je m’étais fourvoyée, j’ai cru que pour se (re)faire une jolie réputation, il suffisait d’être un peu godiche, un peu discrète et pas trop menaçante.

Mais en fait, c’est tout le contraire!

Il suffit d’en mettre plein la vue aux gens.

Mon conseil du jour : faites-vous promouvoir. Mais attention hein, une grosse promotion, un truc monstrueux, plus c’est gros mieux ça passe, comme on dit. Bref.

Au début, bien sûr, vous n’y croirez pas.

A l’annonce de votre promotion, vous vous attendrez à des regards en coin, un peu de mépris et de méfiance, des félicitations arrachées du coin de la bouche. Vous penserez que votre image passée de connasse arrogante et superficielle (ce qui est tout à fait injuste, parce que bon, j’veux dire,vous n’avez même pas votre propre armoire à chaussures) encouragera les gens à tout de suite envisager le pire quant aux raisons réelles de votre ascension soudaine. Vous vous imaginerez passer au stade de connasse arrogante, superficielle et vénale.

Quelle ne sera pas votre surprise de vous voir métamorphosée en caricature de modèle moderne (le genre de fille qui fait de la pub pour des collants, ou pour un parfum pour homme). Pouf tout d’un coup, alors que la veille encore votre défi quotidien consistait à vous vautrer dans votre canapé et décider si vous alliez regarder le film nul de AB1 ou celui de RTL9, commence une spirale infernale, et sans y comprendre grand-chose vous vous retrouvez soudainement avec de l’ambition, des valeurs, une carrière en plein lancement.

Oui, voilà, c’est dit, votre carrière est lancée, vous êtes donc carriériste. Il était temps que vous l’appreniez, franchement, après toutes ces années à changer de boulot de façon hasardeuse! Comment ça non? Bin si enfin, une promotion comme ça, vous êtes forcément carriériste, allons. Les promotions ça ne tombe pas comme ça par hasard sur les gens qui n’ont rien demandé. Ce serait pas juste, enfin. Et surtout pas sur les femmes, car on le sait bien, les femmes doivent bosser 2 fois plus pour arriver au même niveau ! Girl Power! (sic)

Donc, vous apprendrez par la même occasion que vous êtes féministe. Bah oui enfin, une femme qui gravit les échelons plutôt que de faire chauffer ses ovaires, c’est forcément une carriériste féministe convaincue, elle milite pour le droit de la femme à occuper les hautes sphères de la direction de ce monde. Non? Mais si enfin. Puisqu’on vous le dit. Vous ne vous en rendez pas compte, ah bon, c’est que ça doit être inconscient alors.

Une fois que vous en êtes là, soyez fort(e), ne craquez pas, ne vous la jouez pas modeste, non, là c’est le moment d’en remettre quelques couches pour enfoncer le clou. Les gens aiment la surenchère, ils adhèrent toujours mieux quand on en rajoute outrageusement. Allez-y donc gaiement, rajoutez-en, profitez de votre lancée et hop! construisez-vous un personnage improbable, une caricature de modèle moral.

Par exemple, faites-vous militant accompli de l’ascension sociale et de la tolérance universelle.

Comment? Rien de plus simple. Distribuez aux autres votre pain chèrement acquis. Montrez votre générosité envers les populations désoeuvrées. Dans votre nouvelle équipe, engagez, je ne sais pas, par exemple, un collaborateur plutôt technique qui passera grâce à votre entremise vers les hautes sphères du travail intellectuel. Pour commencer. Ensuite, allez plus loin, lancez-vous… soyez fous… sautez le pas… prenez un noir! Mais si mais si!

Vous n’imaginez pas le capital sympathie que vous allez récupérer.

Pensez juste à ne pas vous étouffer lorsqu’on vous dira quel formidable exemple vous donnez en osant recruter ces gens. Surtout ne faites pas l’erreur classique qui consiste à expliquer que vous les engagez parce qu’ils sont compétents. Vous risqueriez de gâcher tout l’effet. Quoique de toute façon on n’écouterait pas vraiment puisqu’on n’aurait pas envie de vous croire. La preuve, quand vous direz la première fois que votre candidat (noir donc) vous plait et que vous aimeriez le réinviter, vous verrez, on vous sautera limite dessus pour vous proposer de postuler à l’élection de Miss Tolérance de votre entreprise (bin si enfin, faut pas nous la faire, si vous êtes prêt à engager quelqu’un avec une couleur de peau différente, vous êtes forcément un anti-raciste militant qui veut prêcher la bonne parole. vous ne pouvez pas juste vous en foutre de sa couleur, ça n’existe pas, ça). Vous vous demanderez si c’est le genre d’élection où il y a un défilé en maillot de bain et si on ne verra pas trop votre peau d’orange avec tous ces éclairages braqués sur vos fesses.

 

Finalement, incrédule et déjà fatiguée devant toutes ces nouvelles valeurs à assumer (et le vague doute de savoir si les sourires des gens viennent réellement d’un changement de votre réputation, ou si c’est juste de la lèche face à vos nouvelles fonctions), vous aurez peine à profiter de votre réputation toute redorée, car une question vous turlupinera.

Un doute affreux (un autre) semé au fond de votre esprit.

Si vous, qui avez l’ambition d’une huître laiteuse et l’esprit de revendication d’un bout de bois humide, vous parvenez à passer, à si peu de frais, pour une carriériste féministe multimilitante… que penser de ce que l’histoire vous a appris sur les grands rebelles de ce monde ?? Tous ces grands hommes et grandes femmes auxquels on a prêté des intentions belles et pures et qu’on croyait animés par le feu sacré d’une grande cause, est-ce qu’en fait, ils seraient pas venus là par hasard, parce qu’ils auraient vu de la lumière et qu’il faisait froid dehors ?

Est-ce que Rosa Parks avait juste super mal aux genoux parce que ce jour-là il faisait trop humide ?

Est-ce que Moïse était juste super allergique au papyrus, et aurait décidé de se barrer dans le désert pour enfin cesser de se gratter partout tout le temps (et comme il était sympa toute sa famille serait venue avec lui) ?

Est-ce que le premier hominidé qui s’est mis debout, en fait, il en pouvait juste plus de ces saletés d’herbes sauvages qui lui chatouillaient les fesses quand il se trainait à quatre pattes ?

Sans transition

Une, deux, une, deux, remontons sur le cheval.

Yee-ha.

Sans transition donc, sans justification non plus, tentons de reprendre une activité normale : parlons de fesses. Ou plutôt, de PAS fesses.

Car j’ai appris une chose effrayante.

Oui, une chose effrayante, c’était l’autre jour, en discutaillant avec un charmant couple de ma connaissance qui en racontait presque plus que ce que mon cerveau avait vraiment envie de savoir.

La grève du sexe, ça existe.

J’avais toujours cru que c’était un truc qu’on ne voit que dans les films, qui tient de la légende urbaine mais dont on sait bien que ça n’existe pas pour de vrai, un peu comme les extra-terrestres, les méchants-superméchants-mais-qui-au-fond-ont-un-coeur, les filles qui ont un véritable orgasme dès le premier soir et les voitures qui explosent dès que leur pare-choc frôle un obstacle. Mais non apparemment, dans la vraie vie des vrais gens, ça peut arriver. Je vais commencer à me méfier en faisant mes créneaux.

 

Déjà, première question existentielle : POURQUOI les femmes feraient-elles donc la grève du sexe dans la vraie vie?

Attention je ne parle pas de la grève du sexe collective, qui est vieille comme le monde et revient à la mode ces temps-ci comme LE dernier recours pour les femmes qui en ont marre des conneries de leurs mâles et souhaitent défendre de grandes et nobles causes, telles que rétablir la paix dans le Péloponèse, réunifier la Belgique, faire stopper la violence armée en Colombie, faire construire des routes, ah, en Colombie aussi, (voilà où ça nous mène, les femmes dès que ça arrête de se faire tuer à chaque carrefour, ça veut des routes pour aller faire du shopping. Pfff.) ou rétablir la communication politique au Kenya. (Leur voisins ougandais ont repris l’idée, sauf qu’ils n’ont rien compris : ils ont demandé aux hommes de faire la grève du sexe à leurs femmes, pour qu’elles arrêtent de voter pour Bidule et se mettent à voter pour Machin) (devinez quoi, Bidule a gagné) (rien compris je vous dis).

Mais pourquoi les femmes feraient-elles la grève du sexe individuelle ?

Si on en croit les forums de discussion pleins de gif animés épilepsogènes :

- parce que leur mari regarde du porno en cachette, et qu’elles veulent qu’il arrête. (Hum. Comment dire. Ca va pas l’inciter à regarder encore plus de porno ?)

- parce que leur mari joue à WoW au lieu de s’occuper d’elles (Et elles croient qu’ils vont décrocher de leur drogue pour rejoindre dans le lit une fille en pyjama en pilou qui refuse qu’on la touche)

- parce que leur copain leur a fait un facial par surprise sans les prévenir (on trouve toujours des témoignages suprenants sur internet, non je vous mets pas le lien, cherchez vous-même bandes de petits pervers)

Et si on en croit les magazines féminins :

- parce que leur mari les a « au choix, trompée, humiliée, négligée » (ah, les magazines féminins et leur capacité à rendre si finement les délicats rouages de l’intimité du couple) (« au choix », comme c’est élégant, on se croirait à la foire) (j’aime beaucoup aussi la bonne raison n° 7 de faire l’amour : « pour éviter un repas avec ma belle-famille« . Mais où vont-ils chercher tout ça)

 

Et puis la deuxième question : mais mesdames QU’EST-CE QUE VOUS CROYEZ EXACTEMENT QU’IL VA SE PASSER ?

Asseyons-nous calmement et envisageons ensemble les scénarii probables. Bon, vous le privez officiellement de sexe, et làààà…
Il s’en fiche. Et vous avez pas l’air conne. Et vous vous mettez à vous posez des tas de questions. Comment ça, le sexe avec vous n’est pas indispensable à son équilibre de vie? Quoi, il n’a même pas l’air d’exploser, il est même souriant alors que ça fait plusieurs semaines que vous faites ceinture? Mais pourquoi monde cruel?

c’est parce qu’il s’en fout un peu du sexe en général, et alors, est-ce que c’est pas un peu du gâchis qu’une tigresse comme vous lui donne tout ce qu’elle a? (en dehors des périodes de grève bien sûr)

ce n’est pas du tout parce qu’il s’en fout, et vous flairez vite qu’il doit y avoir une autre tigresse qui rôde sur votre territoire.

Ca le travaille…

mais il ne le montre pas parce qu’il est fier comme Artaban. Donc, votre grève ne sert pas à grand chose. Voir « il s’en fiche ».

mais il ne cède pas à votre chantage, par contre il vous montre son désaccord en étant d’une humeur exécrable. Et ça n’arrange pas vos affaires.

et pour avoir droit de nouveau à vos charmes, il se montre gentil comme jamais, se ramène à la maison avec des fleurs, des chocolats, et vous fait un succulent repas avec du bon vin pour endormir votre méfiance.

vous êtes faible ou trop sensible à l’alcool : la grève est rompue sans que vos conditions aient été acceptées.

vous êtes forte et vous encaissez comme un polonais : peut-être arriverez-vous à profiter de cette situation un certain temps, jusqu’à ce qu’il comprenne que ça ne mène nulle part et se relâche d’un grand coup. Mais vraisemblablement, comme vous êtes une femme et que votre esprit est trop tordu pour faire quoi que ce soit sans arrière-pensées, vous n’en aurez même pas profité, vu que ça vous aura énervée de constater qu’il est capable de toutes ces attentions par pur intérêt, et qu’il ne sera jamais comme ça en temps normal.

et il accepte vos conditions. Mouais. Et ben il est faible.

Ca l’inquiète : si vous êtes capable de renoncer au sexe avec lui, c’est que c’est pas si bien que ça alors ? Donc il s’y prend mal ? En fait vous simuleriez depuis 10 ans ?

blessé dans sa fierté, il abandonne l’idée de vous honorer, vous et toutes les femmes en général, et se réfugie dans l’enfer des MMORPG / du football

blessé dans sa fierté, il rappelle son ex / la sournoise qui lui tourne autour depuis 10 ans, et il va tout de suite vérifier s’il est si mauvais que ça. Comme les filles sont gentilles tordues, bien sûr, elles le rassureront par un « c’était super », même s’il s’y prend effectivement comme un manche. De là à ce qu’il en conclue que c’est vous qui êtes frigide hein…

de naturel battant, il se décide à acheter des livres, consulter des sites internet et appeler ses et/ou vos amies pour apprendre à mieux vous combler.

Au mieux, il y arrive, et il vous rendra tellement accroc que vous ne pourrez plus jamais lui refaire la grève du sexe.

Au pire, en discutant avec ses/vos amies ou des inconnues, il va comprendre que le plaisir féminin est quelque chose de compliqué, alors il aura besoin d’être rassuré sur ses capacités avant de se lancer avec vous pour vous faire atteindre le multiorgasme du siècle, il va vouloir s’entrainer ailleurs, en toute bonne conscience hein, juste pour être sûr que les techniques dont on lui a parlé sont efficaces. Et Dieu seul sait si dans tout ça, il ne va pas en oublier que l’objectif initial c’était vous, et si vous profiterez un jour de toute cette belle évolution.

Ca vous inquiète : vous qui aviez toujours cru être une assoifée de la chose, vous vous rendez compte que ça ne vous manque pas du tout (comme vos copines japonaises?). Déprimée, vous vous réfugiez vers une extrémité quelconque (choper le premier venu pour vérifier si ça ne vous fait effectivement plus d’effet, tenter la nécrozoophilie, vous retirer dans un monastère tibétain).

 

Alors attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je suis convaincue que le chantage au sexe PEUT marcher. Mais si on est vraiment décidée à se servir de ses fesses pour obtenir ce qu’on veut, plutôt que de les faire ressembler à un service public défaillant, pourquoi ne pas les utiliser comme un joli susucre avec un petit noeud rose autour?

Et remplir ce monde de diabétiques plutôt que de frustrés?

Hein?

Bon.

Plombons l’ambiance, une dernière fois

(sur l’air de Buvons encore une dernière fois)

(on a les musiques qu’on peut dans la tête)

Parce que de toute façon je me sens moyennement d’humeur à balancer des articles rigolos en ce moment. Rapport au fait que je ne peux pas venir ici sans penser à toi. Donc pour le rigolo, repassez euh… Repassez.

 

A ton enterrement le prêtre a dit, plusieurs fois : ne soyez pas tristes, ne désespérez pas, de toute façon Pierre Paul Jean et les autres l’ont dit : vous la retrouverez au paradis.

Si seulement c’était vrai. Si seulement j’osais croire qu’un jour on te reverrait, on te reparlerait, on aurait la chance de t’entendre et te lire à nouveau, même dans d’autres circonstances, même dans un endroit bizarre où il faut pas manger les pommes, mais avoir de nouveau un contact avec toi.

Est-ce que parmi les centaines de personnes qui remplissaient l’église malgré l’implacable chaleur, parmi tous ces gens qui se calaient jusque dans les coins et les portes pour te dire au-revoir, qui reprenaient en choeur et à la perfection des chants de louanges, certains y croyaient vraiment? Va savoir. Mais pour des gens qui étaient censés se réjouir que tu sois parmi les anges, et être persuadés de te revoir un jour au paradis, j’ai trouvé qu’ils pleuraient quand même beaucoup.

Moi je crois qu’on ne te reverra plus. Jamais. C’est marrant. Jamais. C’est un mot qui prend tout son sens, là, bien plus de sens qu’il n’en avait eu pour moi jusque là. Je ne te reverrai jamais. Une certitude qui me paraît, encore aujourd’hui, bien que j’aie vu de mes yeux la boite descendre dans la fosse, complètement absurde. Ma tête est encore pleine de souvenirs de toi, tout ce qu’il y a de plus vivants, comment ce serait possible qu’il n’y en ait plus jamais de nouveaux?

Certains disent que l’on continue à exister, d’une certaine façon, à travers les souvenirs et les pensées des autres. Des souvenirs et des pensées, il y en avait en ce jour, mais je crois que toi, tu n’étais pas là. Je ne crois pas que nos souvenirs et nos pensées te rendaient ton existence. Je ne crois pas que tu nous regardais de là-haut, que ton âme libérée de ton corps flottait parmi nous.

Et c’est tellement dommage.

Tu aurais sûrement adoré voir se rencontrer dans le jardin de tes parents tous ces gens que tu avais décrits les uns aux autres sans qu’ils ne se croisent jamais. Et essayé de deviner quel détail croustillant ou drôle on se remémorait, parmi toutes les anecdotes ou détails que tu avais pu raconter sur chacun (quant à moi, en entendant plusieurs personnes nous dire qu’ils avaient « beaucoup entendu parler de nous » avec un sourire réjoui et malicieux, je me suis demandée comment tu avais bien pu nous dépeindre…).

Tu serais sans doute restée la bouche bée et l’air incrédule en entendant ton cousin jouer à l’orgue, en plein milieu de la communion… le thème de Luke Skywalker. Et tu aurais beaucoup ri en te faisant la remarque qu’en fait, Star Wars comme musique d’enterrement ça déchirait, qu’on aurait dû y penser plus tôt, qu’on devrait faire ça à tous les enterrements de geeks et de geekettes.

 

De la même façon qu’on se réveille parfois au milieu de la nuit en se disant « Non, c’est pas possible, je n’étais pas en train de me faire courser dans une usine à knackis par des extraterrestres qui voulaient me découper à la tronçonneuse pour manger ma vésicule biliaire, enfin, c’est pas réaliste », je me retrouve souvent, en plein milieu d’un moment agréable où tout semble aller bien, à penser à toi subitement parce quelqu’un aura prononcé le mot qu’il ne faut pas*, et à me dire « Non, elle ne peut pas être morte, enfin, c’est pas réaliste ». Tellement pas réaliste qu’en partant de l’enterrement, en disant au-revoir à tout le monde, dans ce jardin où il faisait si bon vivre, j’avais presque oublié l’espace d’un instant ce qu’on faisait là.

C’était sans compter sur la très jolie photo de toi posée par terre contre l’arbre.

 

* Globalement, dès que n’importe qui parle de mort, de Grenoble, de poumons, de fleuriste ou quand l’Homme sort sa réplique fétiche du moment, à savoir « Ah, rejet de la greffe ! » dès que quelqu’un tousse. Hum.

Sans Titre

C’était une journée magnifique, aujourd’hui. Du ciel azur, de l’air chaud, du vent qui caresse les jambes, partout le parfum de l’été, partout des sourires et de la bonne humeur.

 

C’est tellement inconcevable, tellement triste, tellement nul, tellement absurde que tu ne l’aies pas vue.

Sans toi dedans la Fille aux Craies, sans tes répliques cochonnes sorties d’une fausse voix grave, sans ta franchise inébranlable, sans ta plume détonante et ton manteau de pouffe, il va y avoir tellement de couleur et de relief en moins dans cette vie.

 

Tu vas tellement, tellement, tellement, tellement me manquer. 

Boss

Ça s’est passé un vendredi vers 9 ou 10 h du matin, alors que je devais partir à midi pour passer un week-end de détente, de goinfrage et de picole chez mes parents.

Quarante, mon très cher chef, passe sa tête par la porte du bureau et me demande si je suis libre pour une petite discussion un peu plus tard. Moi, les petites discussions du vendredi matin quand je dois partir à midi, je suis pas friande, mais c’est mon chef, je ne vais tout de même pas lui dire merde. Et puis, il a l’air insistant. Mmmh. Suspect.

3 minutes plus tard, alors que je suis déjà passée à autre chose, arrive dans ma boite une invitation : moi, le chef… le directeur général adjoint, le directeur. Dans 1 heure. Ah. Gloups. « De deux choses l’une », que je me suis dit :

- ils ont fouillé mon historique de navigation internet et ont trouvé tout le temps que je passe à regarder les visiteurs du blog, sans compter tous les mails pas franchement professionnels que j’envoie

- mon chef s’en va et on me propose sa place

Dans tous les cas, reste digne ma petite, garde la tête haute, que je me suis dit. Même si ça sent très mauvais, me suis-je fait remarquer.

Une heure plus tard, j’ai eu le soulagement d’apprendre que j’étais trop douée aux devinettes, et que non, personne ne surveillait mon historique de navigation internet ni ne contrôlait les emails que j’envoie. Sinon, ils ne m’auraient sans doute pas proposé de devenir chef de mon département. Ou je ne sais pas, ils auraient mentionné quelque chose comme « on te propose de reprendre la place de Quarante qui s’en va, par contre, en réunion de direction, tu éviteras de faire Refresh sur ton historique de visiteurs toutes les 2 minutes, ça fait mauvais effet« .

Bon, j’avais déjà refusé une promotion il n’y a pas longtemps, je me suis dit que ça allait vraiment passer pour de la mauvaise volonté si je disais encore non.

Alors j’ai dit oui. Voilà. Dans 4 mois j’aurai officiellement 6 personnes sous mes ordres et je serai responsable d’acheter pour je ne sais combien de millions de dollars de choses (oui le dollar a dévalué mais « millions de francs suisses » ça claque toujours un peu moins).

 

La première chose qui m’est venue à l’esprit, après avoir dit oui, ce fut :

Bon, soyons réalistes, les gens font se figurer que j’ai donné de ma personne pour en arriver là aussi vite. Oui mais comment et avec qui? Quel sera le bruit de couloir le plus crédible?

Figurez-vous que je n’ai toujours pas trouvé. Les gens semblent s’être ligués pour me faire croire qu’ils pensent que j’ai mérité cette promotion. C’te blague. Comme si les gens pensaient ça dans la vraie vie. J’avoue qu’au bout d’un moment j’ai cessé d’investiguer, vu que je commençais à me fatiguer d’avoir quasi toujours exactement la même conversation avec chaque personne que je croisais. Oh-la-la-oui-ça-va-en-faire-du-changement -- oui-dis-donc-pour-ma-carrière-ouh-la-la-quel-bond-en-avant-hein -- non-j’ai-pas-peur-oui-ça-va-bien-se-passer -- oui-ça-va-en-faire-du-travail-en-plus -- non-j’ai-toujours-pas-peur. Mais je finirai bien par parvenir à en cuisiner quelques-uns au prochain apéro et savoir enfin ce qui s’est vraiment dit…

Et puis, d’autres interrogations existentielles sont venues faire froncer mes sourcils :

Est-ce que je pourrai toujours me faire des tresses de Pocahontas les jours de mauvais cheveux ?

Mettre des mini-jupes ou porter des couleurs qui font mal aux yeux ?

Jouer à mie-de-pain-dans-le-décolleté sur la terrasse du restau le vendredi midi en sirotant une bière ?

Râler sur les collègues qui ne sont pas là en les insultant copieusement ?

Et puis, sérieusement, je m’inquiétais de savoir comment j’allais me faire respecter de gens essentiellement plus vieux et plus anciens que moi dans la boîte. Et notamment, comment j’allais me faire respecter de Hans, un pilier du département, qui est quand même un peu un ours misogyne, et que Quarante, qui ne manquait pourtant pas d’autorité et poussait sa gentille gueulante à l’occasion, avait déjà un certain mal à canaliser. Il me semblait peu probable qu’il allait spontanément avoir envie de se plier à l’autorité tremblotante d’une femme plus jeune que lui qui n’a encore jamais dirigé personne.

Finalement, voyez comme la vie est bien faite et comme on a tort de s’inquiéter pour rien : la solution est venue d’elle-même.

Ça s’est passé un vendredi vers 9 ou 10 h du matin, alors que je devais partir à midi pour passer un week-end de détente, de goinfrage et de picole chez mes parents.

Non j’ai pas buggé. C’était un mois plus tard. Comme de coutume dans ces cas-là, j’étais toute guillerette. Et puis Hans s’est levé et a voulu nous parler, à Quarante et moi. Mon cerveau a à peine eu le temps de formuler « Mmmh, ça ma fille, ça sent mauv… » que la nouvelle tombait déjà. Hans venait de donner sa lettre de démission.

On dirait que les gens prennent un malin plaisir à me pourir mes week-ends au dernier moment.

J’ai pris ça avec philosophie. Je suis restée digne et droite pendant… oh… allez, 3 minutes. Puis j’ai couru chez Unoiseauunenfantunechèvre, je l’ai chopée par la manche, je l’ai entrainée dans un coin et j’ai chialé lamentablement sur son épaule pendant 10 minutes avant d’être capable d’articuler la nouvelle (dont elle était, en fait, déjà au courant (ayez des amis dans les Ressources Humaines…)), puis encore 10 bonnes minutes après, à coup de « Mais j’vais jamais y arrive-e-e-e-r si tout le monde se barre bouhouhou« .

Et puis pouf, plus rien, je suis repartie sereine et détendue. (Parfois je ne me comprends pas, mais enfin. Sans doute qu’on sous-estime les bienfaits de mouiller les épaules de ses amis.)

Voilà, maintenant, il ne me reste plus qu’à avoir la conversation bin-non-je-m’y-attendais-pas-du-tout -- ah-ça-oui-ça-nous-fout-un-peu-dans-une-merde-noire -- non-j’ai-décidément-toujours-pas-peur avec une vingtaine de personnes, et on pourra partir sur de bonnes bases.

 

La bonne nouvelle, puisqu’il paraît que je suis désespérément optimiste, c’est qu’avec 50% de l’équipe qui se barre (je vous passe les détails mais en gros je vais refiler encore un membre à un autre département, une sombre histoire de traffic humain), commence maintenant une partie très rigolote : je recrute.

Je vais choisir moi-même mes futurs esclaves subordonnés.

Comment qu’on va se marrer…

(frottage de main, sourire de satisfaction, canine qui pointe)

Il était une fois…

Les gens gâchent leurs talents.

Toi, avec ton doux parfum, ta jolie bouche et ta voix toute douce et sucrée, ta façon de prononcer les consonnes comme si tu faisais attention à ne pas les casser, tu étais faite pour lire des contes à des enfants.

Animer des veillées et transporter par ta voix les gamins dans un univers parallèle, au point qu’ils en oublient de faire griller leurs marshmallows.

Raconter des histoires à ton prochain.

Lancer un nouveau type de thérapie, apaiser les maux et les craintes par un doux chuchotement.

Faire fortune au poker car personne ne voudrait croire que tu bluffes.

Être animatrice sur FIP et annoncer les accidents sur la route, où ton timbre si apaisant aurait fait oublier aux automobilistes qu’ils en avaient encore pour deux heures de bouchons avant de passer enfin devant le cadavre déchiqueté par le poids lourd.

Ou lire des histoires cochonnes sur une radio pour adultes, pour le côté délicieusement transgressif d’écouter des récits salaces et des mots crus sortant d’une bouche pure et fraîche.

Tu vois, tu avais des tas et des tas de choix de carrière pour exploiter ce don particulier.

Mais non, agent immobilier, tu n’étais pas faite pour ça. Tu n’étais pas faite pour prononcer des mots comme « moquette« , à part si c’est une moquette magique, ou s’il s’agit de quelqu’un qui se fait entreprendre directement sur la moquette. De même pour « plan de travail« , « placard » ou « poelle à pellets« . Des mots aussi triviaux dans ta bouche, c’est discordant, c’est du caviar aux cochons.

Et s’il y avait un Dieu, ou des fées qui se penchent sur les berceaux, ou une grande loterie qui distribue les talents, je suis persuadée qu’ils ne t’auraient pas dotée d’une élocution divine pour que tu ailles me sortir des répliques comme « Aaaah, alors là il y a un superbe réduit pour ranger les balais les aspirateurs et les chiffons à poussière, ça, ça va intéresser madame, c’est plutôt son domaine à elle!« 

Un grand gâchis, je vous dis.

Moi et tous les gens qui se farcissent une voix improbable, on voudrait que tu y réfléchisses bien.

Souple et solide à la fois

Il y a un pas, non en fait il y a un fossé, non plutôt il y a une frontière avec des barbelés des chiens et des gardes armés entre enjoliver la réalité / partir dans un délire / conceptualiser jusqu’à l’irréalisme, et carrément mentir effrontément.

Partir dans un délire, c’est raconter qu’une bouteille de Coca Zero va clouer le bec à une ex hautaine / un patron pénible / des beaux-parents envahissants, le tout avec force hélicoptères et explosions. Ou qu’on va gagner un casting et devenir mannequin international juste parce qu’on passait là par hasard en mangeant un Perle de Lait qui rend trop belle vu qu’il est pas acide.

Conceptualiser jusqu’à l’irréalisme, c’est affirmer qu’on peut manger avec les mains des fajitas à peine vaguement pliés comme ça avec des trucs qui dépassent de partout :

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sans repeindre son pantalon à coup de sauce épicée Old el Paso.

Enjoliver la réalité, c’est montrer des gens qui chantent et dansent tous ensemble dans l’harmonie universelle tellement qu’ils sont contents de manger des pâtes précuites sortant directement d’une boite en carton /d’un sachet en polyplastiquemétalmulticouches. Ou encore des gens qui sont à la limite de l’orgasme rien qu’à l’idée de se farcir des yaourts en dessert (encore eux).

Bref, la liste est longue, et après tout c’est de ça qu’il s’agit quand on fait de la pub, la réalité et la vraie vie ça n’a jamais fait trop rêver personne, sinon le concept de divertissement n’existerait pas.

Mais, MAIS, il y a un moment où le marketing dépasse les bornes et où son enthousiasme débouche sur ce qu’on ne saurait appeler autrement qu’un mensonge éhonté. Cette limite, certains l’ont frôlée, atteinte et dépassée, et ils naviguent maintenant dans les eaux noires et profondes du grand-n’importe-quoi qui se trouve au-delà.

Ces gens, ce sont les fabricants de cire à épiler.

Les fabricants de cire à épiler, ils surpassent tout, ils donnent des leçons aux vendeurs de yaourts et à tous les autres, ils méritent l’Oscar du plus beau foutage de consommateur.

Alors oui, tous les marketeux ne sont pas égaux et ne se donnent pas la main pour faire la ronde autour du monde, et au fond Dieu merci, et ceux qui tombent sur la cire ont un peu moins la vie facile pour vendre du rêve que, disons, ceux qui bossent chez D&G, Hugo Boss ou Canard WC (faire rêver avec des toilettes éternellement propres c’est trop facile, un coup d’effet spécial avec une étincelle sur la faïence, le petit cling sonore et le tour est joué). Bref les vendeurs de cire ne sont pas aidés par leur produit, mais ce n’est pas une excuse. Les marketeux de chez Tampax ou Pompes Funèbres Générales c’est pas non plus la joie pour eux côté produit, et ce n’est pas pour autant qu’ils nous sortent de telles énormités.

Parce que NON, la bombasse qui retire en souriant sa bande de cire (parfaitement appliquée) d’un coup de poignet tout mou, sans même tenir fermement la peau en-dessous, sur une jambe DÉJÀ LISSE COMME LES FESSES D’UN NOUVEAU-NÉ, c’est PAS crédible, à aucun moment. Mais enfin QUI ÊTES-VOUS, les marketeux de chez Veet? De grands rêveurs idéalistes? Des gens qui n’ont pas de poils? Des gens qui ont des poils mais qui ont fait voeu de pilosité éternelle?

Quoi qu’il en soit, vous êtes allés trop loin. La grognasse heureuse de s’arracher des poils inexistants, bon, passe presque encore, les poils à la télé c’est mal vu, et puis une véritable séance d’épilation amateur à la cire, ce serait sans doute classé PEGI 18 (les geeks dans l’assemblée, ne vous sentez pas obligés de me signaler que le G dans PEGI ça veut dire Game et donc que ce n’est que pour les jeux vidéos, faites preuve d’ouverture d’esprit, merci), vous ne pourriez passer votre spot qu’entre 23h et 5h du matin et là ménagère à épiler, à cette heure-là, elle pionce.

Mais là vous avez poussé le bouchon trop loin, vous avez franchi une limite, car rien, RIEN n’excuse ça, rien ne justifie l’ignominie d’écrire ces mots-là.

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« Cire Délicieuse« … c’est comme « Exquise Torture« , « Divine Éventration« , « Sublime Furoncle« , ou « Envoûtante Coloscopie« , mesdames messieurs de chez Veet, « Cire Délicieuse » c’est du masochisme et c’est du mauvais goût.

Il n’y a rien de délicieux dans l’épilation à la cire à faire chez soi. R.I.E.N. Dans le fait que ça colle partout, dans les fils qui vont se mettre dans les poils du tapis de la salle de bain, dans la douleur de l’arrachage décuplée par le moment d’appréhension anticipative juste avant, dans le nettoyage interminable de ces saloperies de bandelettes à la con sur lesquelles les poils restent collés exprès, non, non, non, il n’y a rien de Délicieux avec une majuscule. Et je suis sure que sur une tartine ça rend pas non plus.

La seule chose, qui, à la rigueur (et j’espère que vous entendez bien les 50 « e » dans rigueur qui disent à quel point on y est), peut être délicieuse et qui est vaguement liée à une histoire d’épilation à la cire, c’est le pourquoi de toute cette torture, la finalité, c’est la semaine en micro bikini à Waikiki et/ou la(les) superbe(s) partie(s) de jambes en l’air en anticipation desquelles on s’est décidé à (r)ouvrir ce fichu pot (dont le couvercle a collé depuis la dernière fois).

Donc à la rigueeeeeeur, mesdames messieurs, vous pourriez appeler ça la Cire Qui, Pour un Certain Investissement de Départ en Temps et en Douleur, Contribue à T’Ouvrir les Portes du Bonheur et/ou de la Luxure en Gel*.

Mais Délicieuse, NON.

 

* la cire, pas la luxure. quoique.

Balance

Tiens, mais, qu’est-ce qui me chatouille l’épaule ?*

Ouaaaiiiis c’est moi (enchanté de te rencontrer, j’espère que tu devines mon nom, mais ce qui te déconcerte c’est la nature de mon jeu, tout ça) (whoo whoooo, whoo whoooo)**. Bon, ça va faire 4 ans que t’es là, 4 ans que t’as créé ce blog sous le prétexte douteux de raconter aux gens comment c’est la Suisse, alors qu’en fait tu fais rien qu’à raconter ta vie, parler de fesses et dire du mal de tes collègues de boulot. Note que tout ça j’ai rien contre, bien au contraire, mais pour ce qui concerne la Suisse, tu m’excuseras, à part leur lécher magistralement les bottes et répéter que c’est super et tout… Enfin quoi, on dirait une pub géante de l’agence fédérale de propagande helvétique… Gnan gnan gnan, les Suisses ils sont polis, bla bla bla, ils sont gentils, organisés, courtois, ouais ouais ouais.*

Non mais attends tu peux pas dire ça, moi je la comprends, il est formidable ce pays, depuis 4 ans elle vit sur un nuage…*

euh SOUS un nuage, nuance *

… entourée de paysages magnifiques, même quand le temps est mauvais c’est superbe ici…*

Vaut mieux ouais vu comme ça revient souvent *

… et oui c’est vrai les gens sont gentils, polis, calmes, disciplinés…*

… et très propres, ils font jamais à côté de la caisse… Mais tu crois que ça intéresse quelqu’un, ce genre de niaiseries? *

Euh… mais… bin… c’est la Vérité, non? *

La Vérité? La Vérité… mais les gens la Vérité ils s’en tapent, t’as pas regardé la télé ces 20 dernières années l’angelot? Les gens ils veulent du piquant, du gore, du méchant! La Vérité la Justice ou la Cohérence, c’est pas ça qui anime leurs longues soirées ennuyeuses… Allez quoi l’humaine, balance un peu, ya bien des trucs qui t’asticotent, qui t’énervent dans ton pays parfait là? *

Euh oui bon euh faudrait qu’elle soit prudente hein… on sait jamais comment ça peut lui retomber dessus… les écrans ont des oreilles… *

Mais écoutez-moi Mr chocottes… T’as déjà été chopée, t’es pas morte, et maintenant ça fait même des anectodes rigolotes à raconter, alors tu risques quoi? lâche-toi un peu, fais-nous voir la face cachée !! *

Quoi? Tu veux qu’elle nous montre ses fesses en plus? M… Mais enfin c’est indécent et puis c’est pas un blog pour adultes ici! Aaaarrrghghgh! Horreur et dévergondage! Nous périrons tous dans les flammes de l’enfer! Tout-puissant, je te rends ma soutane, car je ne me suis pas montré digne de porter ce vêtement qui AAAAaaaaahhhhh…*

Allez ça recommence… burn-out spontané… c’est le troisième qui nous claque entre les doigts ce mois-ci… va falloir que je cause aux RH… bon, j’emmène l’angelot prendre son Tranxène, et pendant ce temps, je compte sur toi hein! Tu-ba-lances! *

OK, OK. Je balance.

Déjà, les supermarchés, quoi (et on passera sur le fait que la « grande surface » d’ici dépasse rarement la taille d’un Monoprix en pleine ville en France, parce qu’au fond c’est pas trop une mauvaise chose). Les supermarchés ici, ça a un goût d’histoire, une goût de voyage dans le temps et d’exotisme. Comprenez par là que quand on regarde l’étalage, le choix et la variété, on se sent un peu en URSS, dans une période pas folichonne de la Guerre Froide. On a le basique et l’utile hein, on a même, il faut le dire, un choix monumental si on est très fan de fromage à pâte pressée cuite, de patate sous ses diverses formes ou de charcuterie sèche et maigre, mais en dehors de ça… Il faut parfois se battre pour trouver des produits où plus de 2 marques sont représentées (dont une sera forcément celle du supermarché). A côté, la moindre supérette ultralocale qu’on trouve en France, c’est Byzance. Et c’est marrant parce que même à quelques kilomètres à peine de la frontière, on sent déjà largement la différence. Quand on rentre dans le petit magasin local de Divonne-les-Bains, à environ 3km de la Suisse, on a déjà les yeux qui brillent devant la variété de l’offre. Et quand on se retrouve dans un de ces géants monstrueux des banlieues des grandes villes, on est presque perdus devant tant d’opulence, et on se met forcément à acheter un tas de conneries, du bicarbonate de soude en pot de 500g, du crunchy peanut butter, du saucisson avec du vrai gras, et 30 sachets de pastilles Vichy… toute cette abondance nous monte à la tête, on se croit à Dysneyland (si on excepte que tout se délabre, que c’est crade, et que la musique et les costumes des gens ne font pas rêver).

Ils ont une sale manie d’être paresseux comme pas deux sur les noms de leurs bleds. Ils ne sont pas aidés : ils en ont des tripotées des bleds, vu qu’ici ils ont collé des tas de microvillages partout, plutôt que de poser çà et là des grosses villes bien grasses dont les banlieues bourrées de centres commerciaux viennent grignoter les campagnes dépérissantes autour, comme font les gens normaux quoi. Ce qui fait que dans les seuls 5km entourant la maison, il n’y a pas moins de… 30 bleds différents. Conséquemment, je n’en connais pas le quart, et les conversations concernant des villages à côté de chez moi ressemblent la plupart du temps à ça :

« Tiens tu devrais aller voir le marché à Bledperdu« 

« Que quoi où ça? Jamais entendu parler« 

« Bin si, c’est juste à la sortie de ton village !« 

« Aaah ouais mais non je t’assure, ja-mais-en-ten-du parler, honnêtement« 

« Mais si tu vois où c’est, forcément! C’est juste entre Bledpaumé et Bledinconnu« 

« Euh non euh… jamais entendu parler de ces deux-là non plus…« 

« Mais siiii, en direction de Bledimprononçable!« 

« J… m… Q…« 

« Mais enfin tu les vois tous depuis ta fenêtre!« 

« … Pardon…« 

(Il y a même une sorte de montagne juste à côté de chez moi, dont on me parle depuis 4 ans, et j’arrive toujours pas à la situer, et à chaque fois qu’on m’en parle je me sens perdue et j’ai encore plus honte)

Donc voilà, il y a des villages partout, impossible de se balader sans mettre un pied dedans. Tous ces villages, il a bien fallu leur donner des noms. Et apparemment, l’inspiration et l’originalité n’étaient pas le fort des chefs de clans qui s’en sont occupés. Ainsi, on trouve dans un même cercle d’à peine 10 km de rayon, les villes d’Ecublens, Echallens, Echandens, Echichens et Eclépens, et un peu plus loin il y a une jolie petite colonie de Pully, Cully, Prilly, Lutry. Et parfois, rien que pour rendre les étrangers totalement fous, ils prennent carrément le même nom pour deux villages, mais comme c’est dans deux cantons différents, apparemment ça ne les gêne pas, eux. Mais comment ils veulent que moi je m’en sorte ???

Ah et ils sont fâchés avec les plans aussi. Ou avec les touristes. Allez trouver un plan de ligne dans les transports en commun. Dehors oui, mais ne comptez pas vérifier votre itinéraire une fois rentré dans le bus/métro/train… Si vous trouvez quelque part le nom / numéro de la ligne sur laquelle vous voyagez, vous aurez déjà du bol.

Ils sont très fitness, alimentation équilibrée, feng shui tout ce qu’on veut, mais ils fument comme des pompiers. Cela dit, peut-on leur en vouloir? Les cigarettes sont en vente dans à peu près n’importe quel magasin, de la grande surface à la boulangerie en passant par la station essence. J’ai pas fait gaffe si on en trouvait dans les pharmacies, mais ça ne me choquerait même plus je crois.

Et puis il faut le dire, ils ont la réputation d’être lents, mais c’est pas tout-à-fait injuste : ils sont effectivement en retard sur tout un tas de concepts (ou alors en avance, mais de beaucoup) (de beaucoup trop)

- le concept de concurrence en général. Et c’est peut-être aussi pour ça que l’achalandage famélique des supermarchés n’embête personne. En fait il n’y a juste aucun concurrent pour proposer autre chose. Ce qui a ses bons aspects (le fric se perd moins en pubs / promotions / animations ridicules du samedi après-midi). Mais encore une fois on se sent parfois un peu dans un pays communiste, alors qu’à part ça, c’est plutôt un peu l’empire du capitalisme. Par exemple, ils ont une seule marque de beurre. Une. Qui se décline en deux versions, mais quand même, une seule marque de vrai beurre. Oubliez les Tendre et Léger, les Enrichi en Vitamine B52, les Débouche Artères et compagnie, non, ya un beurre, il est bon, voilà, ça suffit. A priori tout le lait transformé en beurre dans ce pays finit dans cette marque. Ce qui est très malin, car ça économise un paquet de pognon à la filière de production, qui ne se disperse pas en pubs pour vanter les mérites de telle ou telle marque. Mais quand on vient d’un endroit où le moindre produit n’existe pas en moins de 12 marques différentes, ça laisse l’impression étrange de vivre dans… un pays très pauvre, en fait. Alors que bon. Hum. Autre conséquence de ce monde sans concurrence : vas-y pour trouver un abonnement triple play qui ne coûte pas un bras. Swisscom est toujours de loin le leader national de la télécommunication, les quelques challengers en sont encore au niveau de Free il y a 10 ans dans l’Hexagone, et vous pouvez oubliez le concept de téléphone illimité, de Freebox qui lit tout / enregistre tout / fait tout même le café, de très haut débit, etc. Vous pouvez juste pleurer devant votre facture. (Oui, vous gagnez le triple de ce qu’on vous proposait dans votre pays, mais vous pleurez quand même, c’est humain). 

- le concept de bonnes pratiques de conduite. Vous ne trouverez pas de bagnoles plus propres qu’ici, ils passent leur temps à la laver, ils la bichonnent et cela dit vu le prix de la bête je peux comprendre (avec notre Veau tout crade et à moitié rouillé, qu’est même pas une Audi ou une Merco, notre vraie nationalité est repérée à des km). Mais ils sont totalement inconscients. Je ne sais pas qui a raté quelque chose, la prévention routière ou les mamans des 50 dernières années, mais c’est une catastrophe. L’alcool au volant n’a l’air d’inquiéter personne, absolument personne, tout le monde rentre régulièrement chez lui en prenant le volant à des degrés divers d’alcoolisation. Non, en fait mieux que ça, tout le monde roule bourré vers le bar suivant. Sans que personne ne trouve rien à redire. Quant à la ceinture, c’est plus un élément décoratif qu’autre chose, même quand ils sont sobres. Il y a quelque chose qui m’échappe. Il y a peu de domaines où mes compatriotes sont plus disciplinés que les Suisses, et c’en est clairement un, et ça fait tout bizarre (je ne dis pas que les Français ne roulent pas bourrés, ou sans ceinture, mais ils en conçoivent au moins une sorte de honte, ils sont conscients que c’est mal et qu’il ne faudrait pas).

- la mode, enfin le style. Enfin, surtout le port du soutien gorge. Non, non, NON, quand on porte une robe à décolleté en V dans le dos, ON NE MET PAS SON SOUTIEN-GORGE BLANC-QUI-FUT-UN-JOUR-VIRGINAL-MAIS-LÀ-PLUS-TROP, parce que dans ce cas ON VOIT L’ATTACHE AU MILIEU DU DÉCOLLETÉ DORSAL COMME LE BOUTON AU MILIEU DU FRONT, et c’est AFFREUSEMENT LAID. Et bon sang de bon soir, il y a quelqu’un de très ingénieux qui a inventé un système rapide et pratique de réglage des bretelles alors ON RÈGLE SES BRETELLES, et on ne laisse pas tout l’arrière de son soutif fatigué dépasser de cette si jolie robe (une autre) qu’on a mise par coquetterie. Parce que l’arrière du soutif fatigué, ça annule littéralement tous les autres efforts, ça jette le discrédit sur cette robe pourtant si élégante et tout est à refaire, c’est comme ça dans la vie en société, il y a des règles, on tue pas des gens on vole pas et on règle ses bretelles.

- le concept du travailler plus pour gagner plus. Ici, si vous vous éloignez un tant soit peu de la grande ville, les magasins ferment grosso modo à 18h en semaine, 17h le samedi. Et avant les ponts ou les grands week-ends, ils n’annoncent pas une ouverture exceptionnelle, non: ils ferment ENCORE PLUS TÔT. « Quoi, on va perdre des clients? Bah ils avaient qu’à venir plus tôt la prochaine fois, on n’a pas que ça à foutre de servir les fainéants, nous on doit rentrer chez nous pour aller regarder Alain Morisod*** ». La douceur de vivre, quoi, parce que les caissières aussi ont le droit d’avoir une vraie vie avec une vraie soirée dedans. Ça ne leur laisse pas la possibilité de décider de se priver de soirées pour pouvoir gagner plus de sousous, mais bon, l’argent, c’est pas ça qui est important, on en a toujours assez de l’argent, hein? non? En tout cas eux ils en sont convaincus. Et ils vous regardent méchamment si vous défendez le contraire.

Voilà. Reste plus qu’à espérer que ces messieurs de l’administration fédérale ne lisent pas les blogs, mon permis de séjour expire dans pas longtemps.

* Aaaah si je savais dessiner, j’aurais fait une superbe animation à base d’angelot dépressif et de diablotin blasé… cela dit, si je savais dessiner, j’écrirais peut-être moins de conneries.

** c’est juste pour vous faire croire que j’ai une culture musicale

*** qui mériterait une rubrique à lui tout seul en fait, mais il y a des choses qu’il n’est même pas marrant de tourner en ridicule : comme elles s’en chargent déjà d’elles-mêmes, se moquer par-dessus ça fait un peu redondant.

Le bonheur, parfois, c’est simple…

… comme 6 Blu-Ray et 9 DVD.

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(oui, ils sont un peu radins chez Metropolitan, ils ont juste oublié de convertir les disques de bonus)

(aucun savoir vivre)